Le gouvernement français relance pour la troisième édition son dispositif de leasing social. Annoncé le 10 avril 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce programme permet aux ménages modestes d’accéder à une voiture électrique neuve avec des mensualités démarrant à 95 euros. L’ouverture des commandes est prévue autour du 16 juillet 2026, selon le calendrier confirmé par Renault. 100 000 véhicules sont au catalogue pour cette édition, soit le double de 2025 : 50 000 destinés aux ménages modestes, et 50 000 nouveaux dossiers ouverts aux professionnels dépendants de leur voiture.
Un dispositif repensé pour 2026
L’État maintient le financement du leasing social via les certificats d’économie d’énergie (CEE), comme pour l’édition 2025. L’enveloppe totale passe à 401 millions d’euros. Grande nouveauté de cette édition : l’aide individuelle n’est plus forfaitaire. Elle est désormais modulée selon l’origine de fabrication du moteur et de la batterie, avec des montants allant de 6 500 à 9 500 euros selon les modèles. Les véhicules dont la batterie et le moteur sont produits en Europe bénéficient de l’aide maximale.
Cette modulation répond à l’objectif de favoriser la production industrielle européenne, tout en maintenant des loyers accessibles aux foyers les plus modestes. Concrètement, les constructeurs qui produisent en France ou en Europe ont un avantage compétitif significatif dans le catalogue final.
Qui peut prétendre à cette location avantageuse ?
Les critères d’éligibilité pour les ménages restent proches de ceux de 2025, avec quelques ajustements. Le plafond de revenus est fixé à 16 300 à 16 880 euros de revenu fiscal de référence (RFR) par part selon les sources disponibles, le barème définitif devant être confirmé par arrêté à l’ouverture. Concrètement, un couple avec deux enfants (3 parts fiscales) peut gagner jusqu’à environ 48 900 euros annuels et rester éligible. Le RFR retenu est celui de l’avis d’imposition 2025 portant sur les revenus 2024 pour une livraison en 2026.
Deux conditions d’usage restent requises. Première option : habiter à plus de 15 kilomètres de son lieu de travail en trajet effectué avec son véhicule personnel (certains textes préparatoires évoquent un seuil abaissé à 10 km, à confirmer par l’arrêté final). Seconde possibilité : parcourir plus de 8 000 kilomètres annuels dans le cadre de l’activité professionnelle.
Deux catégories supplémentaires bénéficient d’une ouverture inédite en 2026 via les 50 000 dossiers professionnels : les métiers dépendants d’un véhicule au quotidien (aides à domicile, infirmières libérales, artisans, commerciaux, livreurs) et les agents publics. Les conditions précises de ce volet professionnel seront précisées lors de l’ouverture.
Condition souvent ignorée : les bénéficiaires des éditions 2024 et 2025 ne sont pas éligibles à l’édition 2026. Si vous avez déjà profité du dispositif, vous ne pouvez pas y prétendre cette année.
Des mensualités adaptées à tous les budgets
Le dispositif plafonne les loyers à 200 euros mensuels TTC, hors assurance, options et services annexes. Le kilométrage inclus est d’au moins 12 000 kilomètres annuels sans frais supplémentaires selon le cadre réglementaire de référence, certains loueurs proposant 15 000 km. Les offres les plus accessibles démarrent à 95 euros par mois, les loueurs conventionnés devant proposer au moins 20 % de leur catalogue à moins de 140 euros.
Ce que le loyer affiché ne couvre pas : l’assurance (à souscrire obligatoirement, souvent en tous risques à la demande du loueur), les éventuelles options, l’entretien si non inclus, et les frais de restitution en fin de contrat. Pour évaluer le vrai coût du dispositif, raisonnez en budget mobilité complet sur 36 mois plutôt qu’en mensualité de vitrine. À titre de repère, une recharge à domicile revient à environ 3 euros pour 100 km, contre 8 euros et plus pour un diesel équivalent.
Un point que beaucoup découvrent à la restitution
Les premières restitutions de l’édition 2024 ont révélé un angle que l’article original ne mentionne pas : les frais de fin de contrat peuvent alourdir sensiblement la facture. Chaque kilomètre dépassant le forfait contractuel est facturé à la restitution, sans étalement possible sauf accord amiable du loueur. Les frais de remise en état pour rayures, jantes abîmées ou usure jugée anormale peuvent atteindre 500 à 1 000 euros selon les standards appliqués.
Le paradoxe du dispositif : l’éligibilité est conditionnée au fait de beaucoup rouler (plus de 15 km domicile-travail ou 8 000 km professionnels), mais le forfait kilométrique de base (12 000 km/an) est calibré pour un usage modéré. Un trajet domicile-travail aller-retour de 50 km sur 220 jours représente déjà 11 000 km, sans compter les week-ends et les déplacements personnels. Si vous êtes dans ce cas, négociez un forfait kilométrique adapté dès la signature, plutôt que de l’ajuster à la restitution.
Comment fonctionne la location longue durée ?
Le leasing social prend la forme d’une location longue durée (LLD) sans option d’achat. Contrairement à ce que l’édition précédente du présent article indiquait, le véhicule est restitué au loueur au terme du contrat : il n’existe pas de clause de rachat à valeur résiduelle dans le dispositif. La durée minimale d’engagement est de 36 mois. Une résiliation sans frais (hors frais de remise en état) est prévue en cas de décès, d’invalidité, de perte d’emploi ou de force majeure.
Les modèles au catalogue
La liste officielle des véhicules éligibles sera publiée à l’ouverture des commandes sur le site de l’ADEME. Plusieurs constructeurs ont déjà confirmé leur participation. Renault présente quatre modèles : la Twingo E-Tech, la Renault 5 E-Tech, la Renault 4 E-Tech et la Mégane E-Tech. Citroën reconduit la ë-C3, Peugeot la e-208, Stellantis la Fiat Grande Panda. Hyundai et Volkswagen (ID.3) sont également pressentis. Ces modèles sont tous produits en Europe et devraient donc bénéficier des montants d’aide les plus élevés.
Le critère de score environnemental ADEME (minimum 60 points sur 80) reste déterminant. Il exclut mécaniquement les modèles fabriqués hors Europe. Vérifiez la liste officielle avant tout engagement : un modèle peut rejoindre ou quitter le catalogue en cours de dispositif si son éco-score évolue.
Un calendrier à surveiller de près
L’édition 2026 s’annonce très demandée. En 2025, les 50 000 dossiers avaient été épuisés en douze jours, sur plus de 150 000 candidats. Avec 100 000 places cette année, la pression sera moindre, mais la réactivité reste déterminante. L’ouverture est prévue autour du 16 juillet 2026 selon Renault, avec un possible glissement vers septembre selon le calendrier réglementaire.
Pour maximiser vos chances, préparez votre dossier maintenant : rassemblez votre avis d’imposition 2025 (revenus 2024), vos justificatifs de domicile et de trajet professionnel, et vérifiez votre RFR par part. Contactez dès à présent les loueurs conventionnés ou les concessions des constructeurs participants pour vous inscrire sur liste d’intérêt. Plusieurs d’entre eux permettent déjà de manifester son intérêt en ligne avant l’ouverture officielle.
Comment choisir le bon modèle ?
Votre sélection doit refléter votre usage quotidien réel. Une citadine compacte convient aux trajets urbains courts. Un modèle à grande autonomie répond mieux aux besoins des conducteurs couvrant de longues distances. Évaluez aussi l’infrastructure de recharge disponible à domicile ou au travail : une borne de recharge à domicile est le facteur qui rend le coût d’usage le plus avantageux (environ 3 €/100 km). En l’absence de borne, les recharges publiques augmentent sensiblement le coût total.
Comparez également l’origine de fabrication de chaque modèle : en 2026, elle conditionne directement le montant de l’aide (6 500 à 9 500 euros), et donc le loyer final qui vous sera proposé.
Les perspectives du dispositif
Le gouvernement inscrit ce programme dans une stratégie de long terme, renforcée par la hausse des prix des carburants en 2026 (le gazole dépasse 2,30 €/litre, l’essence frôle les 2 €). La multiplication des zones à faibles émissions accélère la nécessité de renouveler le parc automobile français. Le leasing social constitue le principal levier de transition pour les ménages modestes qui dépendent de leur voiture et ne peuvent accéder au marché classique du véhicule électrique neuf.

